Prévisions et précisions

27.01.2015

Prévisions et précisions
L’évolution des prix sur le marché immobilier est tributaire de la dynamique de plusieurs moteurs, dont l’effet de taux, l’effet de pénurie sur le marché, la règlementation croissante, etc.

Un logement moyen en Suisse coûte actuellement CHF 850'000.-, soit 70% de plus qu’en 2000, où il valait encore CHF 500'000.-. Durant ces 15 ans, les revenus moyens ont progressé de moins de 20%, si bien que la capacité financière pour acheter un logement s’est nettement dégradée. Les prix réels se situent presque à leur niveau du début des années 1990 quand la bulle immobilière a éclaté en Suisse. Il semblerait par contre, que la composante spéculative était bien plus élevée à cette époque qu’aujourd’hui. A l’heure actuelle, la composante fondamentale explique 2/3 des hausses de prix. Aussi, tout porte à croire que cette fois-ci, c’est différent. Du moins, c’était le cas avant la décision de la BNS d’abolir le cours plancher entre l’euro et le franc qui pourrait notamment avoir la conséquence suivante : l’augmentation de la spéculation immobilière à cause de la baisse des taux d'intérêts, avec des taux hypothécaires qui quant à eux ne vont pas augmenter, voire baisser (selon Avenir Suisse). Autre conséquence annoncée par Le Temps: „l’abaissement des taux négatifs exercera une pression à la baisse sur les taux hypothécaires. Les locataires pourraient aussi en profiter, si le taux de référence, maintenu à 2% en décembre, est abaissé à 1,75% début mars. La moyenne des hypothèques devrait descendre à 1,87% avant qu’un recul d’un quart de point n’intervienne.” Et comme l'annonce l'Agefi, "La vigueur du franc devrait peser sur la demande étrangère.

Pour certains la surprise était totale. Pour d’autres, la surprise vient de la date d’annonce et non de la décision. Rappelons que lors de l’introduction du taux plancher, il avait déjà été communiqué que son maintien dans le temps serait limité. Les réactions et les tentatives d’explications divergent passablement. Consultez-en quelques-unes et lisez l’interview de Philippe Bacchetta, professeur d'économie à HEC Lausanne.

Après les prévisions, abordons maintenant les dernières statistiques. N’hésitez pas à découvrir les récentes publications de l’OFS sur les bâtiments et logements, datant du 16 décembre 2014. Autres chiffres intéressants provenant de nos voisins: Lux-residence.com a publié les résultats d’une enquête relative aux acquéreurs dans le domaine de l’immobilier de luxe en France, dont voici quelques informations :

49% souhaitent acquérir une résidence principale contre 86% sur le marché classique
39% cherchent un bien inférieur à EUR 1.5 millions
28% résident à l’étranger (avec en tête les Belges, les Suisses et les Anglais)
72% sont des actifs
32% ont un revenu net annuel supérieur ou égal à EUR 200'000.- contre 45% en avril 2014

Pour les acquéreurs de biens de prestige, les principaux facteurs qui retardent leur décision d’achat sont les prix surévalués (33%), le choix limité (25%), le contexte économique (14%), puis viennent ensuite la situation professionnelle et personnelle, la politique fiscale, le marché des changes ainsi que les lourdeurs administratives.

A noter que 59% des acquéreurs classiques et 69% des acquéreurs haut de gamme pensent que la situation va se dégrader en France dans les 6 prochains mois.

Quant aux acquéreurs classiques de biens neufs, voici leur profil :
56% ont moins de 35 ans
40% ont des revenus modestes
61% sont primo-accédant
63% trouvent les prêts difficiles à obtenir
51% cherchent un bien entre EUR 100'000.- et EUR 200'000.-

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