Du mobile aux objets

27.10.2014

Du mobile aux objets
Le Smartphone a révolutionné notre rapport avec Internet. Nous vous montrons les nouveaux enjeux générés par l’interconnexion entre le monde réel et le monde digital et passons en revue les objets connectés, cette tendance de la décennie.

2014 : le multi-écran et l’Internet mobile adoptés par tous
Tout d’abord, revenons brièvement sur le mobile afin de mieux comprendre ce phénomène. Comme on l’a vu au fil des dernières newsletters, le mobile est apparu non plus comme une option mais bien comme une obligation ! Les chiffres ci-dessous corroborent ces propos :
Si on considère que le taux actuel d’équipement en Europe (accès à Internet sur les différents écrans) atteint 94% pour le Smartphone (on parle de 1.75 milliards de personnes dans le monde en 2014), 93% pour l’ordinateur et 69% pour la tablette, on comprend dès lors que 32% des Européens (35% au niveau mondial) regardent la télévision tout en utilisant un Smartphone (44%), un ordinateur (37%) ou une tablette (19%). 46% de toutes les recherches sur Internet par jour sont effectuées via un Smartphone. 65% des recherches commencent sur un mobile et 61% se poursuivent sur un ordinateur. En bref: la plupart des premiers contacts numériques ont lieu par le biais d'un appareil mobile.

De l’ordinateur aux objets
Cette utilisation massive du mobile a débouché sur le développement d’interactions (téléphone à secouer, annonces avec interactivité, etc.) et de solutions innovantes, comme :
1) les dispositifs portables (montres, habits)
2) les lunettes intelligentes (pour consulter Internet, empêcher la somnolence, etc.)
3) la réalité virtuelle (écrans, etc.)
4) les objets connectés
Concentrons-nous sur les objets connectés (IOT pour Internet of things) : ils réunissent l’électronique, le logiciel et le service. Cette alliance entre l’objet et le service connecté n’est pas simple dans la mesure ou elle implique une nouvelle chaîne de valeur difficile à maîtriser. En effet, divers acteurs doivent s’associer dans le cadre de ces écosystèmes au niveau notamment de la transmission, des télécoms, de l’autonomie, des usages, etc. Ils s’inscrivent dans une logique d’aide pour simplifier, réduire notre consommation d’énergie, guider nos décisions, nous amuser. Ils deviennent ou deviendront un élément stratégique dès lors qu’ils sont perçus comme un canal d’interaction et d’incitations à de nouveaux services (connu sous le nom de switch-to-service). Selon Cisco, les domaines d’application sont très nombreux : la défense, les écoles connectées, les télécommunications, les routes et parkings connectés, la gestion de l’eau, les maladies chroniques, etc. Les services représentent indéniablement un terreau fertile pour ces objets, que ce soit pour des industriels ou non. Prenons par exemple la fourchette connectée via Bluetooth au Smartphone. Cet aide au régime pourrait être complétée par d’autres services tels que la mise en relation avec un diététicien, l’achat de produits complémentaires, un coaching sportif, etc.

La tendance et son marché gigantesque
Le domaine des objets connectés n’en est pas à ses premiers balbutiements et croît constamment au point de représenter la tendance de la décennie. En 2008, on notait déjà que le nombre d’objets connectés à Internet était supérieur au nombre d’habitants sur la planète. D’ici 2020, leur nombre devrait atteindre 50 milliards et leur marché 14 billions d’Euros. Selon BI Intelligence Estimates, les dispositifs portables, les voitures connectés et le marché de la TV égaleront le niveau des ventes de tablettes en 2018.

Plus de connections, plus de données, plus d’optimisations
Concrètement, cela génère une énorme quantité de données qui sont recueillies et évaluées en vue d’une utilisation ou d’une optimisation. Les connaissances acquises permettent d’identifier, de comprendre précisément les usages liés à l’objet et de les segmenter, en plus de réaliser du cross-selling et de l’up-selling avec, à terme, la fidélisation et l’engagement du client. En outre, ces précieuses informations peuvent être revendues et permettent le développement de produits sur mesure. C’est ce qu’a fait IBM. Cette société a réussi à identifier le profil d’un individu (besoins, comportements, valeurs, etc.) pour personnaliser un produit unique ainsi que des notifications et annonces.
Bien entendu, plus il y a de points de mesure, plus il y a d’optimisations possibles. En parallèle, il faut par contre des systèmes ultraperformants pour traiter cette masse d’éléments, en ressortir les données-clés et en tirer les enseignements. Schneider Electric a ainsi diminué sa consommation d’énergie dans son bâtiment par 5. Autre exemple d’utilisation : des systèmes ont notamment été mis en place à Nice, avant entre autres Lyon et Grenoble, pour connecter les boulevards, les parkings, etc. L’objectif est de mesurer la pollution, le trafic, etc. Et bientôt peut-être d’intégrer les véhicules autonomes pour améliorer la circulation.

Les objets connectés et l’immobilier
Dans votre domaine, on parle de maison connectée depuis quelque temps. Elle englobe un ensemble d’objets fonctionnant en écosystème fermé – on parle d’Intranet des objets - avec des liens vers Internet. Cela va de la simple surveillance (notification en cas de fuites d’eau et autres capteurs) aux loisirs (enregistrements TV, TV multi-écrans, etc.) en passant par l’électroménager connecté, le bien-être ou la consommation énergétique (domotique, thermostat à distance). Dans un futur proche, les interactions entre les occupants et la maison se développeront encore pour donner des informations, agréger des comportements et déclencher des actions suite à des événements précis (retour des enfants de l’école, livraison, etc.).
On retrouve ce modèle d’Intranet également dans la construction. Les machines sont connectées afin qu’on les localise, qu’on sache ce qu’elles sont en train de faire, et dans quelles conditions météorologiques par ex., et si une maintenance est nécessaire. Si des changements de programme ont lieu, les intervenants, également connectés, en sont directement informés. Ces optimisations de processus permettent de réduire les coûts (carburant, déplacement, temps d’attente, etc.), prendre des mesures et les envoyer sans se déplacer, effectuer davantage de monitoring et de statistiques, préparer des modèles 3D, etc. Voir un exemple.
Bien entendu, de nombreux produits tomberont dans l’oubli, considérés comme de simples gadgets. L’accent doit donc être mis sur le service ainsi qu’une expérience utilisateur optimale.

Les technologies
Notez que du point de vue technique, 2 technologies complémentaires et peu coûteuses (de quelques centimes à quelques Euros) sont utilisées :
• La technologie RFID ("radio frequency identification"), est une méthode pour mémoriser et récupérer des données à distance en utilisant des marqueurs appelés « radio-étiquettes » ou tags qui peuvent être collés ou incorporés dans des objets ou produits et même implantés dans des organismes vivants. Le NFC ("near field communication") étend cette technologie avec la capacité à stocker des données sur le composant passif jusqu'à une distance d'environ 10 cm.
• La technologie Bluetooth Low Energy (iBeacon chez Apple), qui permet de communiquer à un débit rapide avec une très faible consommation énergétique (0.01W en veille). Une source d’énergie locale (pile) permet donc d’obtenir une large autonomie.

La sécurité et autres incertitudes
Naturellement, l’arrivée de ces nouveautés interpelle, alimente les craintes, notamment sur le plan de la cyber-sécurité et pose des questions sur la nécessité pour nos systèmes IT d’être continuellement mis à jour, les défis engendrés par la complexité des lois, la concurrence acharnée ou la perte d’emploi due à l’externalisation ou l’automation, etc.

De plus amples informations
Si vous souhaitez en savoir davantage sur ce thème , nous vous invitons à suivre le site www.itu.int. et la présentation. Enfin, nous vous informons qu’une rencontre regroupant notamment les fabricants, les industriels et les experts aura lieu les 28 et 29 octobre 2014 à Rome. Plus d’infos ici.

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